Un spa ne s'hiverne pas. En Alsace comme ailleurs, il reste en eau, chauffé et filtré tout l'hiver, couverture fermée entre deux bains. Le vidanger pour la saison froide est la décision la plus risquée qu'on puisse prendre pour lui, et c'est pour cette raison que nos factures de spa portent, en rouge, la consigne de ne jamais hiverner.

Voici pourquoi on ne coupe pas, ce qui protège réellement un spa du gel, ce que le froid change à la facture, et les vérifications à faire avant les premières gelées.

Pourquoi on ne vidange pas un spa pour l'hiver

L'idée vient de la piscine, que l'on met en sommeil d'octobre à avril. Elle ne se transpose pas au spa, pour trois raisons.

Un spa vidangé n'est jamais vide

La cuve se vide, le circuit non. Il reste de l'eau dans les points bas des canalisations, dans le corps des pompes, dans le réchauffeur et dans les raccords. Une eau immobile, sans chauffage, dans un tuyau exposé au froid, c'est exactement ce qui gèle, et la glace prend plus de place que l'eau qu'elle remplace. Un corps de pompe fendu ou un raccord qui lâche ne se voit qu'au printemps, à la remise en eau, sous forme de fuite.

Un spa en marche, lui, fait circuler une eau tiède dans tout son circuit, plusieurs heures par jour. C'est la meilleure protection contre le gel qui existe, et elle est déjà installée.

Couper ne fait pas l'économie qu'on imagine

Un spa à l'arrêt ne consomme rien, c'est vrai. Mais il faut ensuite le remplir, retraiter l'eau et la remonter en température, et cette remise en route coûte une part importante d'un mois de fonctionnement.

C'est une condition de garantie

Pour les spas que nous livrons, la consigne n'est pas un conseil parmi d'autres : elle figure parmi les avertissements imprimés sur la facture, avec l'entretien du filtre. Un spa hiverné, c'est-à-dire vidangé et laissé à l'arrêt, sort des conditions dans lesquelles il est garanti.

Le gel : ce qui protège un spa en marche, et ce qui peut le mettre en danger

Un spa chauffé à 37 °C sous une couverture fermée ne craint pas une nuit de gel. Le boîtier de commande surveille la température de l'eau et relance la circulation quand elle descend trop bas : c'est la protection contre le gel, et il arrive qu'un code s'affiche au panneau de commande par grand froid. Ce qui met un spa en danger, ce n'est donc pas le froid, c'est tout ce qui arrête la circulation.

  • Une coupure de courant prolongée. Gardez la couverture fermée, ne l'ouvrez pas pour regarder : l'eau garde sa chaleur bien plus longtemps qu'on ne le croit si on ne la découvre pas. Si la coupure dure plusieurs heures par gel marqué, appelez-nous.
  • Un disjoncteur qui a sauté sans que personne s'en aperçoive. Par temps froid, jetez un œil à l'afficheur chaque jour, ou au moins à chaque passage. Un spa qui ne chauffe plus se repère à la main posée sur l'eau.
  • Un niveau d'eau trop bas. L'évaporation continue l'hiver. Si l'eau descend sous l'aspiration du skimmer, la pompe aspire de l'air et ne pousse plus rien. Complétez au tuyau, l'eau froide se réchauffera.
  • Un filtre encrassé. Il fait chuter le débit, et l'électronique coupe alors la chauffe pour protéger le réchauffeur. Rincez-le au jet tous les quinze jours, plis écartés, et remplacez la cartouche quand elle reste grise : nos filtres de spa sont rangés par forme et par référence.

Si un code d'erreur s'affiche et que vous ne savez pas le lire, notre page mon spa est en panne : par quoi commencer reprend les cas que nos clients nous signalent le plus souvent.

La couverture, première ligne de défense

L'essentiel des calories d'un spa part par la surface de l'eau. Une couverture en bon état la ferme ; une couverture affaissée, gorgée d'eau ou mal posée fait à peu près doubler les pertes de surface. C'est le premier poste de la facture d'hiver, et le plus simple à contrôler.

Avant l'hiver, soulevez-la et regardez :

  • son poids : une couverture devenue nettement plus lourde a pris l'eau, et une mousse mouillée n'isole plus ;
  • sa forme : un creux au milieu retient la pluie puis la neige, et finit par toucher l'eau ;
  • ses coutures et son film : une déchirure suffit à noyer la mousse en un hiver ;
  • ses attaches : le vent d'hiver soulève une couverture mal tenue, et un coin ouvert toute une nuit se paie. Des clips pour couverture se remplacent sans changer la couverture.

Si elle a fait son temps, nous la refaisons à vos cotes : le relevé de la couverture sur mesure donne le prix dès les mesures saisies. Et si vous la manœuvrez seul, un lève-couverture change tout en hiver : une couverture que l'on rechigne à soulever par cinq degrés reste ouverte trop longtemps, ou fermée pour de bon.

Retirez la neige au balai plutôt que de la laisser s'accumuler sur la couverture.

Combien consomme un spa par temps froid

La consommation d'un spa suit d'abord l'écart entre la température de l'eau et celle de l'air. À Mulhouse, la moyenne de janvier tourne autour de deux degrés, celle de juillet autour de vingt : pour une eau à 37 °C, l'écart est environ deux fois plus grand au cœur de l'hiver qu'au cœur de l'été. Le maintien en température coûte donc nettement plus cher en janvier, et c'est normal.

Ce qui ne varie pas avec la saison, c'est ce qui fait la différence d'un spa à l'autre : l'isolation de la cuve et la qualité de la couverture, bien avant le nombre de jets. Notre simulateur du coût annuel retient pour le Nord et l'Est une température moyenne de l'air de 11 °C sur l'année, d'après les normales de Météo-France, et vous laisse changer chaque hypothèse.

Trois gestes réduisent la facture d'hiver sans prendre de risque :

  • Fermez la couverture dès la sortie du bain, et ne prolongez pas les séances couverture ouverte à côté du bassin.
  • Baissez la consigne de deux degrés si vous vous baignez moins : cela réduit la facture d'environ 8 %, sans arrêter la circulation.
  • Abritez le spa du vent dominant, par une haie, un claustra ou un mur. Le vent emporte la chaleur au moindre défaut de la couverture.

Ce qu'il ne faut pas faire : couper le spa entre deux bains pour économiser. Remonter de 33 à 37 °C prend quelques heures, et l'économie du jour d'arrêt est reprise par la remise en température.

L'eau en hiver

L'hiver ne change pas le traitement : un contrôle par semaine, pH d'abord, désinfectant ensuite. Les bandelettes 5 analyses donnent le pH, le désinfectant, l'alcalinité et la dureté d'un seul trempage. Réglez le traitement sur la fréquentation, pas sur le calendrier.

Si une vidange tombe en plein hiver, elle se fait sans difficulté à trois conditions : choisir un jour sans gel, remplir dans la foulée et remettre en chauffe le jour même. On ne laisse jamais un spa vide, même une nuit, quand il gèle. C'est aussi le bon moment pour passer un nettoyant canalisation avant de vider, comme le prévoit son mode d'emploi. Le calendrier complet, vidanges comprises, est sur notre page l'entretien d'un spa, temps et budget réels.

Les vérifications à faire avant les premières gelées

  1. La couverture : poids, creux, coutures, attaches.
  2. Le filtre : rincé, ou remplacé s'il reste gris après trempage.
  3. Le niveau d'eau : au-dessus de l'aspiration, avec un peu de marge.
  4. Le différentiel du spa : appuyez sur son bouton de test, il doit déclencher.
  5. Les panneaux du tablier : bien fermés, pour que le froid n'entre pas dans le compartiment technique.
  6. Le chemin d'accès : quelques mètres de dalles antidérapantes valent mieux qu'un passage dans l'herbe gelée en peignoir.
  7. Le cycle de filtration : maintenu, jamais supprimé. Une eau qui ne circule pas ne se traite pas et se protège moins bien du gel.

Questions fréquentes

Que faire quand on part plusieurs semaines en hiver ?

Laissez le spa en marche, couverture verrouillée, consigne abaissée de quelques degrés. Confiez à un voisin le soin de jeter un œil à l'afficheur de temps en temps, surtout après un orage ou une coupure de courant.

Mon spa affiche un code de gel, que faire ?

Vérifiez d'abord le niveau d'eau et l'état du filtre, puis que la couverture est bien fermée. Si le code persiste, coupez au disjoncteur seulement si nous vous le demandons, et appelez-nous sans attendre : par grand froid, un spa qui ne chauffe plus ne se laisse pas en l'état.