Pendant vingt ans, l'ozonateur a été l'argument standard du spa : un petit boîtier logé dans le compartiment technique, qui injecte de l'ozone dans le circuit de filtration et fait baisser la consommation de brome. Il figurait en série sur la grande majorité des modèles, le nôtre compris. Il n'est plus commercialisable en France depuis le 1er janvier 2025, et nous venons de le retirer entièrement de notre catalogue.
Cet article explique pourquoi, ce que cela change si vous en avez déjà un, et surtout ce qui le remplace vraiment. Nous n'avons rien à vendre dans cette explication : elle vous coûtera peut-être une pièce détachée que nous ne vous facturerons plus.
Le texte qui a tout déclenché
Le point de départ n'est pas une interdiction, c'est une approbation. Le règlement d'exécution (UE) 2023/1078 du 2 juin 2023 approuve « l'ozone générée à partir d'oxygène » comme substance active biocide, pour les types de produits 2, 4, 5 et 11, avec effet au 1er juillet 2024.
La conséquence est contre-intuitive. Une fois la substance active approuvée, l'appareil qui la produit devient un produit biocide au sens du règlement (UE) 528/2012, et un produit biocide ne peut être mis à disposition sur le marché que s'il détient une autorisation de mise sur le marché. L'article 89 du même règlement organise la transition : la demande d'autorisation doit être déposée au plus tard à la date d'approbation de la substance, et à défaut de demande, le produit doit être retiré du marché dans les 180 jours qui suivent.
Aucun fabricant d'ozonateurs de spa n'a déposé de dossier. Cent quatre-vingts jours après le 1er juillet 2024, on arrive à la toute fin décembre : c'est la raison pour laquelle toute la profession a arrêté la vente au 31 décembre 2024, et pourquoi vous ne trouvez plus d'ozonateur neuf chez un revendeur sérieux depuis.
Vous avez déjà un ozonateur : que se passe-t-il ?
Rien d'immédiat. Le texte porte sur la mise sur le marché, c'est-à-dire la vente et la mise à disposition, pas sur l'appareil qui tourne déjà dans votre local technique. Personne ne viendra le débrancher.
Ce qui change est plus insidieux : la cellule d'un ozonateur s'use. Sa production d'ozone baisse d'année en année, et il vient un moment où le boîtier fonctionne encore, ronronne encore, mais ne désinfecte plus grand-chose. Jusqu'ici on changeait la cartouche. Maintenant qu'il n'y a plus de pièce neuve à vendre, l'appareil qui faiblit ne se remplace plus.
Le vrai risque n'est donc pas juridique, il est sanitaire : continuer à doser le brome comme si l'ozonateur travaillait encore, alors qu'il ne fait plus rien. Si votre spa a plus de cinq ans, la question à se poser n'est pas « ai-je le droit », c'est « est-ce que ça marche encore ». La réponse se lit à la bandelette, pas sur la notice.
Par quoi on le remplace
La lampe UV-C, le remplacement direct
C'est la solution que nous retenons, et elle est simple : un tube ultraviolet placé sur le circuit de filtration, devant lequel l'eau passe en boucle. Les rayons cassent l'ADN des micro-organismes qui défilent, sans rien ajouter à l'eau. Pas de gaz, pas de résidu, pas de substance active à autoriser.
Deux choses à savoir avant d'en installer une. D'abord, elle agit dans le circuit et non dans le bassin : ce qui ne passe pas devant la lampe n'est pas traité, exactement comme pour l'ozone. Ensuite, le tube s'épuise avant de s'éteindre. Il continue d'éclairer bien après avoir cessé d'être efficace, ce qui trompe tout le monde. On le remplace tous les douze à dix-huit mois selon la durée de filtration quotidienne, au calendrier, pas à l'extinction.
L'oxygène actif, pour ceux qui supportent mal le brome
Le peroxyde, vendu en pastilles ou en granulés, désinfecte sans odeur et sans irriter les yeux. Il est moins rémanent que le brome et supporte mal l'eau très chaude au-delà de 35 °C : sur un spa maintenu à 38 °C, il demande un suivi plus serré et souvent un appoint. C'est une bonne solution pour une peau sensible, pas une solution de tranquillité.
Et dans tous les cas, un rémanent
C'est le point que le marketing de l'ozonateur a brouillé pendant vingt ans, et il faut le dire franchement : ni l'ozone, ni l'UV-C, ni aucun système de circuit ne dispense d'un désinfectant rémanent dans l'eau. Ils traitent ce qui passe dans le tuyau. Ce qui entre dans le bassin sur la peau des baigneurs, entre deux cycles de filtration, n'est arrêté que par le brome ou le chlore présent dans l'eau.
Ce que ces systèmes font réellement, et c'est déjà beaucoup, c'est faire baisser la dose. Sur nos machines, on passe couramment d'une dizaine de grammes de brome par semaine à cinq. Pas à zéro.
Ce que nous avons fait de notre catalogue
Nous avons retiré le mot de tout le site le 9 septembre 2026. Concrètement : la fiche de l'ozonateur à cartouche est sortie de la vente, la rubrique qui s'appelait « Ozonateur et Lampes UV » est devenue « Lampes UV-C », et la ligne « ozonateur » a disparu des caractéristiques de trente-trois fiches de spas et de la documentation de fabrication qui l'illustrait.
Nous aurions pu laisser dormir ces pages : elles amenaient du trafic, et personne ne serait venu nous le reprocher. Un catalogue qui vante en série un équipement qu'il ne peut plus vendre finit toujours par se retourner contre lui, au premier client qui demande le remplacement.
Comment savoir si le vôtre travaille encore
C'est la seule question qui compte, et elle ne se règle pas en lisant la notice. Trois observations suffisent, dans cet ordre.
Regardez le tuyau, pas le boîtier. Un ozonateur en service envoie un filet de fines bulles dans le circuit, visible à l'injecteur ou au retour dans le bassin quand la filtration tourne. Plus de bulles, ou des bulles qui n'apparaissent qu'au démarrage, la cellule est en fin de vie. Un voyant allumé ne prouve rien : il dit que l'appareil est alimenté, pas qu'il produit.
Sentez, à distance. À l'ouverture du compartiment technique, filtration en marche, une cellule active dégage une odeur piquante caractéristique, celle de l'air après un orage. Son absence complète est un signal. Ne mettez pas le nez dessus : l'ozone irrite les voies respiratoires, c'est justement pour cela qu'il travaille dans un circuit fermé.
Et surtout, lisez vos bandelettes. Si votre consommation de brome a augmenté sans que rien d'autre n'ait changé, ni la fréquentation, ni la température, ni la durée de filtration, votre ozonateur a cessé de vous aider il y a un moment. C'est le signe le plus fiable des trois, parce qu'il mesure un résultat et non un fonctionnement.
Un ordre de grandeur pour situer : une cellule donne cinq à sept ans de service utile. Au-delà, elle tient rarement ses promesses, et il n'y a plus de cartouche neuve à lui mettre.
Ce qu'il vous faut, selon votre situation
Trois cas, trois réponses. Les prix sont sur les fiches, ils bougent, et nous préférons qu'un article vieux de deux ans ne vous en annonce pas un faux.
Vous avez déjà une lampe UV-C. Vous n'avez rien à acheter d'autre que son consommable, et c'est le piège de ce système : le tube se change tous les douze à dix-huit mois, au calendrier. Il éclaire encore longtemps après avoir cessé d'être efficace, si bien que la panne ne se voit jamais. Notez la date de pose quelque part, c'est le seul rappel qui fonctionne.
Vous remplacez un ozonateur sur une installation qui marche. Une lampe UV-C universelle se monte sur le circuit de filtration existant, à la place du boîtier d'ozone. C'est le remplacement direct, celui qui demande le moins de reprise sur la tuyauterie.
Vous repartez de zéro, ou votre circuit est à revoir. Le système complet arrive avec sa chambre de traitement et ses raccords, ce qui évite d'assembler des pièces d'origines différentes sur un circuit sous pression. C'est aussi la solution quand la lampe doit être installée par quelqu'un d'autre que vous.
Dans les trois cas, la lampe ne remplace pas le brome : elle en fait baisser la dose. Nous y revenons plus bas parce que c'est le malentendu le plus fréquent, et le plus coûteux.
Ce qu'il ne faut pas en conclure
- Non, votre spa n'est pas hors la loi. L'appareil installé peut continuer de fonctionner.
- Non, l'ozone n'a pas été jugée dangereuse pour cet usage. Elle a été approuvée, et c'est précisément l'approbation qui a créé l'obligation d'autorisation que personne n'a demandée pour ce marché.
- Non, un spa sans ozonateur ne demande pas dix fois plus de produits. Avec une lampe UV-C et une filtration correctement réglée, on reste sur les mêmes ordres de grandeur.
Si vous avez un doute sur l'état de votre installation, l'appel dure cinq minutes et nous ne vendons rien au téléphone. Vous pouvez aussi voir les lampes UV-C au catalogue ou faire le tour de l'entretien d'un spa et de ce qu'il coûte réellement.








